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Acte 1 : Vocation
Je ne suis pas coach par orientation professionnelle, mais par vocation (vocare, l'appel intérieur). Je pense avoir toujours respecté ce quelque chose qui me dépasse qui fait ce que je suis. C'est mon "ainsi des choses". L'écrire s'est imposé à moi avec douceur et tendresse.
Acte 2 : Ecriture, "prendre le temps"
J'écris comme je pense, mais je ne pense pas comme j'écris. Voici mon constat d'auteur.
Lorsque j'écris un article ou un ouvrage, j'ai à coeur de travailler en amont le fond comme la forme. J'ai appris à m'écarter de la médiocrité (mediocritas, qui reste à la moitié). En effet, il me semble que l'écriture mérite une attention particulière : surtout quand il s'agit d'un "nouveau" métier porteur d'enjeux. Ainsi, je regarde en silence depuis dix ans le coaching se construire et se rédiger. Durant ce temps, j'ai laissé mes "mains" au repos, car pour écrire, il faut prendre son temps : prendre le temps de la pratique, prendre le temps de la réflexion, prendre le temps de la pratique-réflexive, prendre le temps de la théorisation.
Acte 3 : Indifférence
A l'inverse de nombre de mes confrères auteurs, j'ai fait le choix de ne produire à ce jour aucun livre1 (bien que plusieurs soient désormais en route). Il semble que j'aie la réputation d'un écrit dense et parfois "critique". A ce sujet, je parlerai de "fonction critique" (Lhotellier). Je me questionne (mais pas tant que cela...) sur le fait qu'un auteur devienne légitime parce qu'il rédige un livre. Bien que profondément respectueux de celui ou celle qui écrit, je n'en reste pas moins distancié vis à vis de l'aura qu'on peut lui apposer. Nombre d'ouvrages de coaching cultivent injonctions et erreurs théoriques ; je dirais même que nombre d'ouvrages ont réalisé une économie de recherche donnant lieu à des vérités idéologiques (c'est plus ennuyeux).
J'assume avec tranquillité ce propos. Et dans l'absolu, cela m'indiffère (ces idéologies). Ce qui m'indiffère moins, c'est l'usage qui en fait. Mais... soudain, je prends le risque de m'égarer et de digresser vers des lieux polémiques qui n'ont nul intérêt ici (pour l'instant. Sourire).
Acte 4 : Lorsque les opposés se rencontrent
A la suite de mon dernier article (L'opposé coopère...), un auteur-coach, Marc Lasseaux2, a souhaité échanger avec moi. Nicolas Maesani (l'un des fondateurs de Youman) nous met alors en relation.
Par définition, j'accepte l'échange avec quiconque le demande. J'estime en effet que chaque idée possède sa place et son droit à l'existence. Bien que refusant la controverse, le débat reste un échange d'idées où l'émergence de nouveauté(s) (p)réside.
L'homme (Marc Lasseaux) est d'obédience psychanalytique. En cela et n'y voyez rien de plus que mon propos, la pratique de Marc Lasseaux se situe à l'opposé de mes modes opératoires et de mes références. En effet, je suis indifférent3 à la psychanalyse (merci de lire ma note de bas de page à ce sujet).
L'homme prend mon appel avec élégance et grande gentillesse. Un échange commence. Il se veut simple, direct, respectueux. Nous convenons de nous rencontrer en septembre.Je propose à Marc de m'envoyer un mail pour confirmation. Ce qu'il fait. Et...
...Je reçois très vite ce dernier. Mais au-delà de cela, j'y trouve deux pièces jointes. Deux poèmes. Le mail est rédigé sur un ton tranquille et l'invitation à la lecture de ces deux poèmes l'est tout autant.
Acte 5 : Touché par l'opposé
Je suis touché par le partage de l'homme, ce coach, ce poète. Partager un poème, niveau le plus élevé dans l'intimité de l'auteur(e), me va droit au Coeur. Par respect pour lui et pour ce cadeau, je prends et me donne le temps de cette lecture. Chaque mot est apprécié, imprégné en moi.
Un mot grandit en mon esprit : Respect.
Rédigeant ce billet de Moëlan sur Mer (29), dans un "relais du silence", alors que résone l'eau d'une rivière à quelques pas de moi, je me dis que le niveau le plus élevé qu'un homme puisse atteindre, c'est de croiser ses opposés en étant capable de leur accorder son respect le plus sincère. C'est la qualité que Marc Lasseaux vient de m'offrir.
Je me questionne sur mon aptitude à la cultiver. Je souhaite en posséder la capacité. Et si ce n'est pas encore le cas, l'apprendre avec patience.
Yves Richez
Moëlan sur Mer
18 août 2008
1/ Je fais référence à des ouvrages professionnels. Louis du vieux continent, aux éditions Ambres (2005) est un roman philosophique que j'ai rédigé avec un plaisir indicible. Petit éloge du héros attend tranquillement sa date de sortie, idem pour "de l'importance de cultiver sa ride".
2/ Marc Lasseaux est un actif contributeur de Youman.
3/ Par "indifférent", je fais référence à l'ouvrage de François Jullien participe : L'indifférence à la psychanalyse - Sagesse Du Lettre Chinois, Désir Du Psychanalyste (Puf, 2004). Merci de vous référer à cet ouvrage (je sais, cela oblige à s'y rendre) pour appréhender le paradigme dans lequel je me positionne.
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