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Le coaching, une mode ou une approche efficace ?

le 10-03-2008

LE COACHING, UNE MODE OU BIEN UNE APPROCHE EFFICACE ? Une technique à la mode ? Une nouvelle arnaque ? Une pratique de dangereux “nouveaux” gourous ? Ou bien une démarche inspirée par des valeurs fortes, capable de créer ce qui nous manque cruellement aujourd’hui ? Cette méthode, qui commence à être de plus en plus pratiquée en France, interroge, attire ou repousse. Elle interroge parce que la plupart des gens ne savent pas bien ce qui la constitue. Ceux qui ne la connaissent pas encore, croient souvent que coacher signifie conduire, entrainer, stimuler, pousser à la performance comme on le pratique pour les sportifs. Sous-entendu, on va “forcer” la nature pour obtenir des résultats performants comme on “fouettrait le cheval” pour qu’il avance. N’est-ce pas ce que faisait autrefois les cochers ? Et bien, c’est tout le contraire ! John Witmore qui a initié ce qu’il a appellé le “coaching” (il a publié en 1975) a montré toute l’importance de ce qu’on appelle l’intériorisation. Le principe développé est celui de la vigilance. Ainsi, les qualités d’attention, d’observation, de concentration et de clarté d’esprit vont être développées. Il s’agit d’accroitre notre acuité de perception (visuelle, auditive et sensorielle) Le coach n’est pas un enseignant qui donne des techniques, ni un instructeur qui donne des directives, ni un contrôleur qui prend des décisions, ni un expert qui résoud les problèmes, ni un thérapeute qui traite des troubles de comportement. C’est un “éveilleur” qui amène à observer et à décrire, qui stimule la perception et le sens critique, qui provoque des prises de conscience. Le coaching semble faire partie d’un mouvement de “contre culture”nous amenant à faire le contraire de ce que notre “culture de l’extérieur”, de l’image, de la consommation, nous pousse à faire. On s’agite, on agit dans tous les sens, on court après les “expériences”, on cherche dans le monde extérieur quelque chose qui nous manque ou les réponses à nos questions. Etre “coaché”, c’est être invité à s’arrêter pour rentrer en soi-même. Nous adapter à ce monde en folie est aujourd’hui à ce prix . S’intérioriser, c’est porter notre attention sur nos sensations, notre intuition, nos émotions. C’est aller chercher des aspects de nous-même que nous croyons peu désirables et qui sont pourtant nécessaires à l’action et à la performance. Nous savons que nous sommes dans un monde de plus en plus fou. Et cette folie devient chaque jour plus extrème, plus dangeureuse. C’est la pollution partout, la faim dans de nombeux pays, les graves problèmes écologiques, la chasse au profit comme seule raison de vivre, les masses silencieuses ou violentes, victimes de l’exploitation humaine. Si les divers engagements qu’il est possible de prendre sont importants, ils ne semblent pas suffisants. Face à cette extraordinaire folie en effet, la seule urgence est de trouver des moyens de modifer nos consciences. La philosophie du coaching nous propose : - une culture de la responsabilité : “je suis responsable de tout ce qui m’arrive”. Fini la parano “ c’est à cause de..., c’est la faute à...”Si je suis un homme ou une femme à part entière, je m’interroge sur les évènements qui arrivent dans ma vie pour prendre mon destin en main. J’ai une liberté de choix et cela retentit sur l’estime que j’ai de moi-même. - une culture du paradoxe et de l’inclusion : il s’agit de cultiver notre individualité - parce que nous sommes tous différents- et de nous placer en même temps dans un esprit de solidarité, de coopération et de collaboration. Nous savons qu’un petit groupe de personnes sont beaucoup “plus” que chaque personne ajoutée les unes aux autres. Il s’agit d’inclure au lieu d’exclure . Les contraires ne sont pas incompatibles. Dans une autre vision de la réalité, ils peuvent aller ensemble . - une culture de l’apprentissage et de l’incertitude : nous savons que ne savons pas grand chose et nous nous plaçons tous les jours dans la position d’apprendre et de réviser nos façons de voir. - une culture de la transcendance : il est impératif de donner sens à notre vie, de nous référer à nos rêves secrets, à notre “légende personnelle”, à la vision de la place particulière que nous occupons dans la vie. - une culture du non-jugement et de la compétence : il existe en chacun des compétences connues ou inconnues qu’il s’agit d’utiliser. La critique et le jugement n’ont plus cours dans cette perspective. Tous ces principes exigent une démarche exigeante de la part du coach. Il doit, pour faire ce métier, se remettre chaque jour en question, être constamment en recherche, se confronter au regard de ses collègues et des autres, bref décider de vivre de façon profonde et authentique cette philosophie. Il s’agit bien d’une vraie “philosophie” puisque le mot signifie éthymologiquement “amour de la sagesse”. Cependant, il est bien évident que tous les coach présents sur le marché ne se situent pas dans une telle perspective ! C’est là que le métier se gâche... que des dégats irrémédiables risquent de se produire. Est-ce donc là une démarche dangeureuse que celle de “se faire coacher “ ? Oui, tout dépend du choix du coach. Soyons donc “averti”. Si nous voulons nous “faire coacher ”, que nous soyons un simple particulier ou un chef d’entreprise, vérifions les valeurs et le comportement de notre coach. Voudra-t-il cultiver notre autonomie ou bien notre dépendance ? Vit-il en accord avec ce qu’il nous dit ? Est-il beau parleur ou réellement respectueux d’une éthique ? Hélène Poisot




Commentaires

Merci

le 22-05-2008 à 12:44 de Anonyme

Pour cet échange enrichissant.

Damien Ponçon - Coach

Votre avis

le 20-05-2008 à 12:20 de Anonyme

Oui, je suis d'accord avec vous : nous avons des tas de facettes et d'aspects en nous. Le coaching a pour but d'élargir notre vision ou bien de l'approfondir.
Je ne pense pas qu'il y ait de "père" dans le ciel. Je crois plutôt que nous sommes tous une partie de l'Esprit (l'énergie créatrice) et qu'il est important de trouver comment nous "brancher" à notre "être" intérieur.
Si le coach est "branché" , le coaché ouvrira ses possibles.
D'un côté le mental qui répète la même bande magnétique,
de l'autre l'Etre qui ouvre constamment sur du nouveau, du possible,
de l'inconnu, de la Vie...
Hélène Poisot

... je continue l'échange

le 19-05-2008 à 21:43 de Damien Ponçon

Avec toute réserve...

Il me semble que les mécanismes qui freinent la joie de vivre et l'audace sont les mêmes pour tout le monde. Seulement, ce qui emprisonne l'un n'emprisonne pas l'autre et vice versa.

Aussi la voie pour trouver la vie en nous est la même pour tous. Le fondamental, il me semble que c'est votre voie, est de revenir à soi pour écouter ce qui se trame en soi... sans jugement.

Ensuite, en effet, chacun va vivre ce retour vers soi selon sa propre sensibilité, selon sa différence. En tant que coach nous ne pouvons que nous étonner, avec la personne, de ce qu'elle va trouver. Puis l'aider à utiliser ces ressources toutes neuves, toutes fraiche là où elle le souhaite.

Oui, la vie est un mystère. Ce retour vers soi, s'accompagne parfois de limites transcendées quand la personne agit. Elle se rend compte qu'elle fait plus que ce qu'elle pensait pouvoir faire.

Qui sait... là-haut, dans le ciel, existe peut-être ce père qui pallie aux limites qui nous mettent dans l'hésitation d'agir ? Qui nous donne les éclairage qui nous manque quand nous avons besoin de débloquer une émotion, une tension qui nous emprisonne ?

Dans le coaching sportif, les joueurs sont ouverts au fait de rendre grâce pour leur capacités, pour le terrain qui a été construit pour qu'ils vivent leur bon plaisir, pour être inspirer en pleine action.

En sortant d’un jeu Égoïste, ils deviennent de meilleurs personnes et meilleurs.

Mon avis, donc, est que nous portons en nous plusieurs facettes: technique, émotionnelles, spirituelles,...qualité, dons, capacité. C'est vrai pour tout le monde sans exception.

Il est intéressant d'amener un coaché à explorer toutes ces dimensions qui sont l'héritage de l'espèce humaine.

Bien-sûr cela ne peut se faire qu'au rythme du coaché et avec son accord. Au coach de voir sur quelle dimension il va coacher en fonction du coaché.

Voilà mon avis, comment le recevez-vous ?

Merci !

le 17-05-2008 à 08:19 de Anonyme

Merci beaucoup pour votre commentaire qui me fait très plaisir.
En effet, les recadrages ont très souvent des conséquences heureuses qui allègent rapidement les coachés. C'est fou ce que notre mental (qui répète) peut nous enfermer dans des schémas, des pensées emprisonnantes, entrainant des états émotionnels souvent pénibles.
Trouver un accès au "vivant" en nous est essentiel et quelle légèreté lorsque nous y parvenons !

Je m'aperçois qu'il n'est pas facile de mettre des mots, voire de conscientiser comment cela se fait. Peut-être que la voie est unique pour chacun de nous...
Qu'en pensez-vous ?

Hélène Poisot

Touché par votre engagement

le 17-05-2008 à 07:39 de Damien Ponçon

Hélène,

Vous vous entendriez bien avec Montaigne qui a une phrase célèbre: " Les hommes sont tourmentés par l'opinion qu'ils ont des choses, non par les choses mêmes."

Autrement dit dès que le jugement et la critique apparaît.... les troubles et les désordres naissent.

C'est pourquoi il est si libérateur pour le coaché que de le ramener vers l'attention, la vigilance et les sens. c'est à dire vers le réel, l'objectivité.

C'est bon pour lui a titre individuel, car qui voit mieux agit mieux. C'est bon pour le monde dans son ensemble car si tout le monde agissait mieux, le monde irait mieux. C'est logique.

Tout n'est pas noir, je voyais hier aux infos un jeune sportif handicapé qui vient de gagner son procès contre les fédérations qui lui interdisaient de participer aux jeux olympiques valides sous prétexte qu'il est avantagé par les prothèses qui lui servent de jambes. Il court tellement vite avec ses prothèses qu'il double des athlètes valides. C'est rageant !

Voilà, d'un coté il y a une magnifique réalisation technologique qui lui permet de transcender son handicap. De l'autre, il y avait les préjugés, jugements, opinions qui s'opposaient à son rêve.

Ces opinions toutes faites qui ont failli aboutir à la disparition de la chauve souris au texas... animal vue comme un nuisible par l'opinion publique. Jusqu'au jour où un chercheur à fait prendre conscience aux agriculteurs que la chauve souris pouvait leur faire économiser des milliers de dollars en pesticide. Car elle mange la plus part des insectes que l'agriculteur ne savait plus comment combattre pour protéger ses cultures. Les agriculteurs ont abandonné les préjugés pour voir la vérité. Ils se sont mobilisé pour accueillir les chauves-sauris dans leur champ en mettant des refuges partout. Les chauves souris sont devenu les gardiennes de leurs champs. Maintenant on les compte par million la-bas . Elles rapportent des millions de dollars à l'agriculture et à l'industrie du tourisme.

L'espérance est que l'homme puisse enfin comprendre toutes les alliances qu'il lui est possible de créer avec son environnement afin de laisser une belle terre à nos descendants.

Le beau rôle du coach pourrait être là, remettre en cause les opinions. Le coaché ensuite agit non seulement avec plus d'adresse mais avec plus d'écologie aussi.

Votre article explique cela très bien.

Damien Ponçon - Coach



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